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La femme de barbe Bleue sera-t-elle sauvée par ses frères ?

La femme de barbe Bleue sera-t-elle sauvée par ses frères ? La pauvre femme se jeta aux pieds de son mari, en pleurant et en lui demandant pardon, avec toutes les marques d'un vrai repentir de n'avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, belle et affligée comme elle était ; mais Barbe-Bleue ava 4.00 sur 5 note basée sur 1 évaluations.

Anne ma soeur Anne, vois-tu rien venir ?

La pauvre femme se jeta aux pieds de son mari, en pleurant et en lui demandant pardon, avec toutes les marques d’un vrai repentir de n’avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, belle et affligée comme elle était ; mais Barbe-Bleue avait le coeur plus dur qu’un rocher.

– Il faut mourir, madame, lui dit-il, et tout à l’heure.

– Puisqu’il faut mourir, répondit-elle, en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu.

– Je vous donne un demi-quart d’heure, reprit Barbe-Bleue, mais pas davantage.

Lorsqu’elle fut seule, elle appela sa soeur, et lui dit :

– Ma soeur Anne, monte, je te prie, sur le haut de la tour, pour voir si mes frères ne viennent point ; ils m’ont promis qu’ils me viendraient voir aujourd’hui, et si tu les vois, fais-leur signe de se hâter.

La soeur Anne monta sur le haut de la tour, et la pauvre affligée lui criait de temps en temps :

– Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Et sa soeur lui répondait :

– Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.

Cependant Barbe-Bleue, tenant un grand coutelas à sa main, criait de toute sa force à sa femme :

– Descends vite, ou je monterai là-haut.

– Encore un moment, s’il vous plaît, lui répondait sa femme ; et aussitôt elle criait tout bas :

– Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Et la soeur Anne répondait :

– Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.

– Descends donc vite, criait Barbe-Bleue, ou je monterai là-haut.

– Je m’en vais, répondait sa femme ; et puis elle criait :

– Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

– Je vois, répondit la soeur Anne, une grosse poussière qui vient de ce côté-ci.

– Sont-ce mes frères ?

– Hélas ! non, ma soeur, c’est un troupeau de moutons.

– Ne veux-tu pas descendre ? criait Barbe-Bleue.

– Encore un moment, répondait sa femme ; et puis elle criait :

– Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

– Je vois, répondit-elle, deux cavaliers qui viennent de ce côté-ci, mais ils sont bien loin encore... Dieu soit loué, s’écria-t-elle un moment après, ce sont mes frères ; je leur fais signe tant que je puis de se hâter.

Barbe-Bleue se mit à crier si fort que toute la maison en trembla. La pauvre femme descendit, et alla se jeter à ses pieds toute éplorée et toute échevelée.

– Cela ne sert de rien, dit Barbe-Bleue, il faut mourir.

Puis la prenant d’une main par les cheveux, et de l’autre levant le coutelas en l’air, il allait lui abattre la tête. La pauvre femme se tournant vers lui, et le regardant avec des yeux mourants, le pria de lui donner un petit moment pour se recueillir.

– Non, non, dit-il, recommande-toi bien à Dieu ; et levant son bras...

Dans ce moment on heurta si fort à la porte, que Barbe-Bleue s’arrêta tout court. On ouvrit, et aussitôt on vit entrer deux cavaliers, qui mettant l’épée à la main, coururent droit à Barbe-Bleue.

Il reconnut que c’était les frères de sa femme, l’un dragon et l’autre mousquetaire, de sorte qu’il s’enfuit aussitôt pour se sauver ; mais les deux frères le poursuivirent de si près, qu’ils l’attrapèrent avant qu’il pût gagner le perron. Ils lui passèrent leur épée au travers du corps et le laissèrent mort. La pauvre femme était presque aussi morte que son mari, et n’avait pas la force de se lever pour embrasser ses frères.

Il se trouva que Barbe-Bleue n’avait point d’héritiers et qu’ainsi sa femme demeura maîtresse de tous ses biens. Elle en employa une partie à marier sa soeur Anne avec un jeune gentilhomme, dont elle était aimée depuis longtemps ; une autre partie à acheter des charges de capitaine à ses deux frères ; et le reste à se marier elle-même à un fort honnête homme, qui lui fit oublier le mauvais temps qu’elle avait passé avec la Barbe-Bleue.

Vous pouvez aussi lire avec votre enfant l'histoire de Barbe Bleue, votre enfant pourra lire seul ou avec vous l'histoire de Barbe Bleue. Il peut ensuite s'amuser à colorier les dessins de l'histoire de Barbe Bleue.

Vous pouvez télécharger l'histoire de Barbe Bleue en PDF

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