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Le petit tailleur et le géant

Le petit tailleur et le géant Le géant lui montra son lit et lui dit de se coucher. Mais, comme le lit était trop grand pour un si petit corps, il se blottit dans un coin. À minuit, le géant, croyant qu'il dormait d'un profond sommeil, saisit une grosse barre de fer et en donna un 0.00 sur 5 note basée sur 0 évaluations.

Episode 2 du valeureux petit tailleur

« Mais la ville ne suffit pas, ajouta-t-il encore, il faut que le monde tout entier l’apprenne. » Le coeur lui frétillait de joie dans la poitrine comme la queue d’un petit agneau.

Il mit donc sa ceinture et résolut de courir le monde, car sa boutique lui semblait désormais un trop petit théâtre pour sa valeur. Avant de sortir de chez lui, il chercha dans toute la maison s’il n’avait rien à emporter, mais il ne trouva qu’un vieux fromage qu’il mit dans sa poche. Devant sa porte, il y avait un oiseau en cage ; il le mit dans sa poche avec le fromage. Puis il enfila bravement son chemin ; et, comme il était leste et actif, il marcha sans se fatiguer.

Il passa par une montagne au sommet de laquelle était assis un énorme géant qui regardait tranquillement les passants. Le petit tailleur alla droit à lui et lui dit : « Bonjour, camarade ; te voilà assis, tu regarde le monde à tes pieds ? Pour moi, je me suis mis en route et je cherche les aventures. Veux-tu venir avec moi ? »

Le géant lui répondit d’un air de mépris : « Petit drôle ! petit avorton !

– Est-il possible ? » s’écria le petit tailleur ; et, boutonnant son habit, il montra sa ceinture au géant en lui disant : « Lis ceci, tu verras à qui tu as affaire. »

Le géant, qui lut : « Sept d’un coup ! » s’imagina que c’étaient des hommes que le tailleur avait tués, et conçut un peu plus de respect pour le petit personnage. Cependant, pour l’éprouver, il prit un caillou dans sa main et le pressa si fort que l’eau en suintait. « Maintenant, dit-il, fais comme moi, si tu as de la vigueur.

– N’est-ce que cela ? répondit le tailleur ; c’est un jeu d’enfant dans mon pays. » Et fouillant à sa poche il prit son fromage mou et le serra dans sa main de façon à en faire sortir tout le jus. « Eh bien, ajouta-t-il, voilà qui te vaut bien, ce me  semble. »

Le géant ne savait que dire et ne comprenait pas qu’un nain pût être si fort. Il prit un autre caillou et le lança si haut que l’oeil le voyait à peine, en disant : « Allons, petit homme, fais comme moi.

– Bien lancé ! dit le tailleur, mais le caillou est retombé. Moi, j’en vais lancer un autre qui ne retombera pas. » Et prenant l’oiseau qui était dans sa poche, il le jeta en l’air.

L’oiseau, joyeux de se sentir libre, s’envola à tire d’aile, et ne revint pas. « Qu’en dis-tu, cette fois, camarade ? ajouta-t-il.

– C’est bien fait, répondit le géant, mais je veux voir si tu portes aussi lourd que tu lances loin. » Et il conduisit le petit tailleur devant un chêne énorme qui était abattu sur le sol. « Si tu es vraiment fort, dit-il, il faut que tu m’aides à enlever cet arbre.

– Volontiers, répondit le petit homme, prends le tronc sur ton épaule ; je me chargerai des branches et de la tête, c’est le plus lourd. » Le géant prit le tronc sur son épaule, mais le petit tailleur s’assit sur une branche, de sorte que le géant, qui ne pouvait pas regarder derrière lui, portait l’arbre tout entier et le tailleur par-dessus le marché. Il s’était installé paisiblement, et sifflait gaiement le petit air :

Il était trois tailleurs qui chevauchaient

/ ensemble,

comme si c’eût été pour lui un jeu d’enfant que de porter un arbre. Le géant, écrasé sous le fardeau et n’en pouvant plus au bout de quelques pas, lui cria : « Attention, je laisse tout tomber. » Le petit homme sauta lestement en bas, et saisissant l’arbre dans ses deux bras, comme s’il en avait porté sa part, il dit au géant : « Tu n’es guère vigoureux pour un gaillard de ta taille. »

Ils continuèrent leur chemin, et, comme ils passaient devant un cerisier, le géant saisit la tête de l’arbre où étaient les fruits les plus mûrs, et, la courbant jusqu’en bas, la mit dans la main du tailleur pour lui faire manger les cerises. Mais celui-ci était bien trop faible pour la maintenir, et, quand le géant l’eut lâchée, l’arbre en se redressant emporta le tailleur avec lui. Il redescendit sans se blesser ; mais le géant lui dit : « Qu’est-ce donc ! est-ce que tu n’aurais pas la force de courber une pareille baguette ?

– Il ne s’agit pas de force, répondit le petit tailleur ; qu’est-ce que cela pour un homme qui en a abattu sept d’un coup ? J’ai sauté par-dessus l’arbre pour me garantir du plomb, parce qu’il y avait en bas des chasseurs qui tiraient aux buissons ; fais-en autant, si tu peux. » Le géant essaya, mais il ne put sauter par-dessus l’arbre, et il resta embarrassé dans les branches. Ainsi le tailleur conserva l’avantage.

« Puisque tu es un si brave garçon, dit le géant, il faut que tu viennes dans notre caverne et que tu passes la nuit chez nous. »

Le tailleur y consentit volontiers. Quand ils furent arrivés, ils trouvèrent d’autres géants assis près du feu, tenant à la main et mangeant chacun un mouton rôti. Le tailleur jugeait l’appartement plus grand que sa boutique. Le géant lui montra son lit et lui dit de se coucher. Mais, comme le lit était trop grand pour un si petit corps, il se blottit dans un coin. À minuit, le géant, croyant qu’il dormait d’un profond sommeil, saisit une grosse barre de fer et en donna un grand coup au beau milieu du lit ; il pensait bien avoir tué l’avorton sans rémission. Au petit jour, les géants se levèrent et allèrent dans le bois ; ils avaient oublié le tailleur ; quand ils le virent sortir de la caverne d’un air joyeux et passablement effronté, ils furent pris de peur

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